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Les collections japonaises

page crée: 28/2/09 Dernière mise à jour: 28/2/09
Le comte Otani à Londres en 1901

Les expéditions Otani en Asie centrale chinoise

Par "expéditions Otani" on désigne les trois voyages en Asie centrale menés entre le 16 août 1902 et le 10 juillet 1914 sous la direction du Comte Otani Kozui (1876-1948), vingt-deuxième abbé du monastère Nishi Honganji à Kyoto. Le but de ces expéditions était l'exploration des sites bouddhistes et la collecte de manuscrits anciens.

Pendant ses études à Londres, Otani voyage dans toute l'Europe, et rencontre plusieurs autres explorateurs, dont le Suédois Sven Hedin, et l'Anglo-Hongrois Aurel Stein. Otani rêve d'explorer l'Asie centrale, et, sous l'influence de ces personnalités, il décide d'organiser sa propre expédition.

L'Asie centrale chinoise a joué par le passé un rôle déterminant dans l'expansion du bouddhisme vers l'Extrême-Orient : Otani se propose donc d'explorer cette région et d'y pratiquer des fouilles en tant que bouddhiste, en se consacrant plus particulièrement à la recherche d'anciens sûtras.

Les membres de l'expédition ont tenu des journaux de voyage ; si les descriptions précises des objets archéologiques découverts font défaut, du moins les principaux événements qu'a connus l'expédition ont-ils été consignés. Ces journaux, ainsi que les photographies de l'expédition et les spécimens botaniques, sont tous conservés à la Bibliothèque de l'université de Ryukoku.

La première expédition (1902-1904)

Les membres de l'expédition Otani

Cette première expédition est organisée à l'occasion du retour de Londres d'Otani. Le 16 août 1902, en effet, il quitte Londres pour le Japon via l'Asie centrale. Les cinq participants se retrouvent le 21 août à Saint-Pétersbourg, et repartent ensemble via Bakou vers Samarcande, Andijan, Osh et le col de Terek, parvenant à Kashgar le 21 septembre. Là, après avoir discuté de leur itinéraire avec le représentant britannique, le lieutenant-colonel Miles, les membres de l'expédition décident de se séparer en deux groupes, le groupe indien (Otani, Inoue et Honda), et le groupe Asie centrale (Watanabe et Hori), qui poursuivront donc leur route séparément.

Les deux groupes quittent Kashgar ensemble le 27 septembre. Voyageant vers l'est par la route du Sud, ils touchent Yarkand et poursuivent ensemble vers le sud-est jusqu'à Tashkurgan. Le 14 septembre, les deux groupes - l'indien, et celui d'Asie centrale - se scindent et voyagent séparément, l'un par le sud, l'autre par l'est.

Le groupe indien mené par Otani voyage avec trois chevaux et dix-sept chameaux. Ils traversent le col de Mintaka et, via Gilgit, parviennent à Srinagar, la capitale du Cachemire, le 9 octobre. Ils rentreront par l'Inde.

Pendant ce temps, le groupe d'Asie centrale retourne à Yarkand et se dirige vers l'Est par la route du Sud. Ils passent une quarantaine de jours à Khotan, à fouiller les sites des anciennes villes de la région. Ils repartent le 2 janvier 1903, traversent le désert du Taklamakan pour rallier la route du Nord. Ils visitent Aksu et Turfan, et, le 20 février, sont de retour à Kashgar.

Ils en repartent bientôt, en direction de Maralbashi, Tumshuk, Aksu et Bai. Le 10 avril, ils sont sur le site de Kizil, près de Kucha. Ils restent à Kucha quatre mois environ, et y étudient les sites anciens : Est et Ouest de Subashi, grottes de Kizil, grottes de Kumtura, Duldur-Okur. Khotan ayant déjà été explorée par Stein, et Turfan par les Allemands, l'équipe Otani concentre ses efforts sur la fouille du site encore vierge de Kucha.

Ensuite, le groupe rentre via Turfan, Urumqi, Hami et Xi'an.

Deuxième expédition (1908-1909)

L'expédition Otani

Les deux membres de la deuxième expédition Otani se rendent de Beijing à Urumqi via la Mongolie extérieure, et arrivent à Turfan le 15 novembre 1908. Là, ils fouillent les sites de Yarkhoto, Murtuk, Karakhoja et Toyuk. Puis ils poursuivent leur route jusqu'à Kizil, explorent les grottes bouddhiques de Kumtura et d'ailleurs, et y découvrent un grand nombre de documents chinois anciens. Entre le 25 février et le 6 mai 1909, Nomura procède à des sondages autour de Kucha, et le 29 mars, dans le sable des grottes de Kumtura, il découvre un manuscrit daté de 782 de notre ère. Quant à Tachibana, il découvre dans les sables près de Loulan un manuscrit du quatrième siècle, écrit par un certain Li Bo, administrateur en chef des régions de l'Ouest. L'expédition rapporte aussi de très nombreux fragments de manuscrits des grottes bouddhistes de Toyuk.

Voici quel fut l'itinéraire de l'expédition

Troisième expédition (1910-1912)

En 1910, Tachibana, après une tournée des sites bouddhistes indiens en compagnie d'Otani, rentre à Londres. Le 16 août, il reçoit l'ordre d'escorter le jeune Hobbs, âgé de dix-huit ans, et quitte Londres pour entreprendre la troisième expédition en Asie centrale. Le 19 octobre, Tachibana arrive à Urumqi, puis poursuit jusqu'à Turfan. De là, il part pour Kucha, par la route du sud, emmenant les bagages de Hobbs. Il traverse d'abord le désert du Lop Nor jusqu'à la ville de Cherchen, puis retraverse le désert plein nord vers Kucha. Hobbs, qui l'y attendait, y meurt de la variole. Tachibana emmène sa dépouille jusqu'à Kashgar pour l'y enterrer. Puis il part pour Khotan, où il arrive le 5 mai 1911, et qu'il entreprend d'explorer en compagnie de Watanabe.

Entre-temps, Yoshikawa, au Japon, reçoit l'ordre de rejoindre l'expédition, en compagnie de Li Yuqing, qui est cuisinier au service d'Otani dans sa demeure, la Villa Niraku, à Kobé. L'équipe Yoshikawa arrive à Dunhuang le 5 octobre, et y attend Tachibana. Mais celui-ci a pris du retard, et Yoshikawa met ce temps à profit pour explorer les grottes bouddhistes de Mogao, près de Dunhuang, y photographier des peintures murales et des statues de Bouddhas, préparer ses décalques, et acquérir des manuscrits anciens. À l'arrivée de Tachibana, les deux explorateurs s'attardent aux grottes de Mogao jusqu'au 1er février, et achètent à Wang Yuanlu 369 rouleaux manuscrits pour la somme de 400 taels. L'ensemble des manuscrits de Dunhuang rapportés par l'expédition comprend également ceux que Yoshikawa avait déjà achetés de son côté. Puis l'équipe reprend la route du Nord, exhume des fragments de manuscrits bouddhiques à Toyuk, acquiert des pierres tombales, des documents enterrés avec les morts (actes de nomination, inventaires après décès), des papiers recyclés (documents officiels du gouvernement) ainsi que des textiles provenant de fouilles dans les cimetières d'Astana et Gaochang. Après le départ de Tachibana pour le Japon, Yoshikawa poursuit sa route vers les monts Tianshan, pour y collecter des spécimens botaniques. Le 5 janvier 1914, il quitte à son tour Urumqi pour le Japon.

Collections : contenu et accès

Les expéditions Otani sont rentrées au Japon avec une collection constituée de manuscrits anciens, de feuillets sur bois, de peintures murales, sculptures, peintures sur soie, textiles, monnaies, sceaux, neuf momies, et toute une documentation archéologique. Tout cela a d'abord été versé au monastère Nishi Honganji à Kyoto mais, par la suite, a pris le chemin de la villa Niraku, au pied du mont Rokko, à Kobé, où la collection a pris forme. En ce qui concerne le catalogage, l'organisation, puis la dispersion de la collection, cf. Fujieda (1989), Kudara (1996) et Katayama (1999). Voir aussi la bibliographie ci-après. On trouvera ci-dessous quelques détails sur les objets les plus précieux de cette collection.

a. Les sûtras bouddhistes chinois

L'expédition Otani a mis au jour un grand nombre de sûtras dans les vestiges d'un monastère bouddhiste de Turfan, et ailleurs. Voici, indiqués ci-après, quelques éléments particulièrement représentatifs de cette collection.

b. Les documents non chinois

Les sites d'Asie centrale recelaient de nombreux documents rédigés dans d'autres langues que le chinois : des sûtras bouddhistes rédigés en sanskrit et utilisant l'écriture brahmi, des sûtras bouddhistes et des documents manichéens rédigés en sogdien, tibétain, tangut et ouïgour. Ainsi par exemple, parmi les écrits bouddhiques appartenant à la secte du Pays Pur, la collection possède une traduction en ouïgour du sûtra de la Kanmuryoujukyou, ou Contemplation du Boudha à la vie incommensurable.

c. Matériels d'art et d'histoire

Sur ce point, la troisième expédition s'est révélée la plus fructueuse. Les explorateurs ont fouillé d'anciennes tombes à Astana et Gaochang, exhumant neuf momies et recueillant de nombreux objets funéraires et documents anciens utilisés pour les enterrements.

En 1914, le Comte Otani, impliqué dans une affaire de corruption, renonce à son titre d'abbé du monastère de Nishi Honganji. De ce fait, il a du mal à poursuivre ses expéditions en Asie centrale, et ses collections sont dispersées en Chine, en Corée et au Japon. Après avoir quitté le monastère, Otani base davantage ses activités dans les villes chinoises de Shanghai et de Lüshun. C'est à cette époque qu'une partie des collections de la Villa Niraku est expédiée à sa résidence de Lüshun. Quelques-uns de ces objets seront par la suite renvoyés au Japon. Les sûtras et les statues bouddhistes restés à la villa seront transférés au Musée Kantacho (aujourd'hui musée de Lüshun). Par la suite, en 1954, 620 pièces de la collection, et notamment les manuscrits de Dunhuang, ont été déposées à la Bibliothèque de Beijing (aujourd'hui Bibliothèque nationale de Chine), tandis que les fragments de peintures bouddhistes étaient transférés au Musée chinois d'histoire, à Beijing. Mais une bonne partie de la collection était restée à la villa Niraku, à Kobé, laquelle fut vendue (avec la collection) à Fusanosuka Kuhara. Celui-ci en fit plus tard don à Terauchi Masatake, un de ses vieux amis, alors Gouverneur général de Corée. La collection a ainsi abouti au Musée coréen du gouvernement général (aujourd'hui Musée national de Corée, à Séoul).

En outre, quelques-uns des objets, photographies, spécimens botaniques et momies rapportés par les expéditions japonaises ont été petit à petit vendus à des collectionneurs publics et privés, au Japon et ailleurs. De ce fait, la collection japonaise, contrairement à ce qui s'est passé pour des collections célèbres d'autres pays, est, dans une large mesure, très dispersée entre institutions publiques et collectionneurs privés. Sans compter que dans le cas de ces collections japonaises, l'origine exacte et l'historique des objets ne sont pas toujours clairement indiqués. Généralement, leurs divers propriétaires y ont apposé leur sceau, ou quelque autre marque, ou les ont montés d'une manière particulière.

Principaux lieux dépositaires des collections Otani

Collections d'Asie centrale au Japon

1. Université Ryukoku

1.1 La Collection Otani à l'université Ryukoku

Campus Omiya au Japon

Parmi les objets rapportés par les expéditions Otani, puis dispersés dans des collections japonaises et étrangères, une partie est aujourd'hui conservée à la Bibliothèque Omiya du Centre d'information académique de l'université de Ryukoku.

En 1949, un an après la mort du Comte Kozui Otani à l'âge de soixante-treize ans, on découvrit à la villa Niraku deux caisses de bois emplies d'objets dont on fit don à l'université de Ryukoku. Outre des manuscrits précieux (rouleaux, livrets, feuilles volantes et feuillets de bois), les caisses qu'a reçues l'université contenaient des documents imprimés, des peintures sur soie, des textiles, des spécimens botaniques, des monnaies, des décalques et toute une documentation archéologique. Cet ensemble de quelque neuf mille éléments a reçu le nom de Collection Otani de l'université de Ryukoku. La partie Dunhuang et Route de la Soie de cette collection peut être divisée en quatre catégories :

1.1.1 Documents écrits en chinois

L'un des objectifs des expéditions Otani était de recueillir des écrits bouddhiques : les explorateurs japonais étaient donc particulièrement intéressés par les sites susceptibles de livrer un vaste matériel écrit, tels que les sites bouddhiques de Kucha et de Turfan, et les grottes de Dunhuang.

a. Manuscrits

Les documents de Dunhuang ont été recueillis au moment de la visite de Tachibana et de Yoshikawa à Dunhuang, lors de la troisième expédition Otani en 1912. Un grand nombre de documents avaient alors déjà été acquis par Stein (en 1907) et par Pelliot (en 1908), mais Tachibana a quand même réussi à acheter plus de trois cents pièces, dont certaines de choix, comme le sûtra du Lotus (Ve siècle) et le premier volume du sûtra du Muryoujukyo (VIe siècle).

b. Documents séculiers

Parmi les documents laïques, plusieurs ont trait à l'administration du territoire (fragments sur des dons, des demandes ou des restitutions de terrains à Turfan), et aux affaires économiques (Oda 1984, 1990).

Parmi les pièces essentielles de la collection on trouve le "document Li Bo" déjà mentionné, ainsi qu'un rouleau (718), acquis par Yoshikawa à Dunhuang lors de la troisième expédition. Il représente une partie du Bencao jizhu xulu, que l'on qualifie souvent d'ancêtre de la pharmacologie chinoise. Quant aux fragments recueillis par les expéditions Otani dans les complexes de cimetières près de Turfan, il s'agit de documents administratifs mis au rebut et recyclés ensuite pour les cérémonies funéraires.

1.1.2 Documents non chinois

Les pièces non chinoises de la collection relèvent de deux grandes catégories : les documents religieux (écrits manichéens, textes chrétiens nestoriens) ; et les documents laïques à contenu social et économique (contrats, recettes et dépenses, correspondance). Les collections de l'université de Ryukoku comportent des pièces écrites en quinze langues différentes (sanskrit, tocharien, sogdien, khotanais, turc ancien, ouïgour ; tangut, mongol, tibétain...) et en treize écritures différentes (brahmi, kharosthi, sogdienne, manichéenne, ouïgour...).

Les pièces particulièrement représentatives sont, entre autres, les feuillets de bois en kharosthi (découverts à Turfan, datant du Ve siècle environ), des fragments d'un exemplaire en ouïgour, illustré, du Sudana Jataka (découvert à Turfan et datant du XIIIe siècle environ), et un exemplaire en khotanais du Livre de Zambasta en écriture brahmi (découvert à Turfan et datant du VIII-IXe siècle environ) (Kudara_1996)

1.1.3 Éléments funéraires

Les cimetières d'Astana et Gaochang, à proximité de Turfan, ont livré plusieurs peintures sur soie qui décoraient les parois et le plafonds des tombeaux. On y trouve notamment quatre variations du diagramme Fuxi-Nuwa. Toutes les quatre ont été rapportées par Yoshikawa en 1912, lors de la troisième expédition.

1.1.4 Objets d'art, documentation archéologique, spécimens botaniques, textiles

Les objets d'arts de la collection comprennent une tête de statue, des carreaux de faïence bouddhistes, des peintures sur soie et des estampages.

1.1.5 Autres

Monastère de Nishi Honganji

Outre le matériel cité ci-dessus, qui a été apporté du Monastère de Nishi Honganji, le fonds comprend aussi les pièces offertes par Tachibana, Yoshikawa, Nomura et leurs descendants, à savoir des éléments de l'équipement de l'expédition, des rapports d'études, des notes (croquis, aquarelles, cartes), des lettres, des photographies, toutes ces archives formant une documentation précieuse sur le contexte dans lequel se sont déroulées ces expéditions.

En outre, l'université de Ryukoku et le Musée national d'Ethnographie abritent le matériel ethnographique et autre collecté pendant le voyage d'études indo-tibétain mené par Aoli Bunkyo et Tada Tokan en parallèle aux expéditions d'Asie centrale.

1.2 Accès aux collections

Bibliothèque Omiya
125-1 Daikutcho
Omiya Higashihairu
Shichijo-dori
Shimogyo-ku
Kyoto
Japon 600-8268

Site internet de l'université Ryukoku

Pour consulter la collection, les lecteurs sont priés de prendre rendez-vous.

2. Le Musée national de Tokyo

Le Musée national de Tokyo se déploie sur quatre bâtiments situés dans le parc Ueno, sur l'emplacement du temple Kaneiji. Le plus ancien de ces bâtiments, qui a été achevé en 1909, sert aux expositions d'architecture. Le bâtiment central, achevé en 1937, abrite les collections d'art japonais. Le bâtiment du Trésor, lui, a été construit en 1964 pour accueillir une collection de trois cent dix-neuf pièces représentatives de l'art du septième siècle qui viennent du Temple Horyuji de Nara. Quant au quatrième, il date de 1968, et sert aujourd'hui à exposer les collections d'art asiatique, de calligraphie chinoise, ainsi que d'art d'Asie centrale. Ce musée est un des trois musées nationaux, les deux autres se trouvant à Kyoto et à Nara, et il abrite une collection de quatre-vingt huit mille objets.

Toutes les pièces rapportées par les expéditions Otani ont été acquises en 1964 par la Société japonaise de préservation de la culture, et transférées au Musée national de Tokyo en 1967. Il s'agit d'un ensemble d'objets archéologiques, exhumés de plusieurs sites dans le Xinjiang : manuscrits chinois et ouïgours, et feuillets de bois provenant de Turfan, Dunhuang et autres sites ; et peintures découvertes à Dunhuang et Turfan. Le musée compte aussi quelques autres œuvres, conservées dans le cadre d'un accord avec le Musée Guimet. On y trouve également plusieurs objets d'Asie centrale acquis par ailleurs.

Longtemps, une partie de la collection de la Villa Niraku a été conservée au musée du don impérial de Kyoto (aujourd'hui, le musée national de Kyoto) avant d'être transférée, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, à Kimura Shinzo. Par la suite, l'État a acquis la collection, qui fait désormais partie des collections orientales (Toyokan) du musée national de Kyoto. Entre autres pièces de la collection, notons l'image d'une Aspsara ailée, une peinture représentant un Bouddha enseignant la loi (venue de Kizil), un Bodhisattva debout tenant un parasol (venu de Bezeklik) et une tête de Bodhisattva.

Accès aux collections

13-9 Ueno Park
Taito-ku
Tokyo 110-8712

Site internet du Musée national de Tokyo

Une partie de la collection est en exposition permanente dans la galerie d'Asie centrale. Les manuscrits et les peintures sont en réserve, et peuvent être consultés avec l'autorisation du conservateur.

3. Le Musée national de Kyoto

Le musée a été fondé sous le nom de musée impérial de Kyoto, en 1897. Il fut rebaptisé "musée royal de Kyoto" en 1900 et, en 1924, offert à la ville de Kyoto : il prit alors le nom de "musée du Don impérial de Kyoto". En 1952, il devient musée national, sous son appellation actuelle.

La grande salle d'exposition a été construite en 1895 par l'architecte Toguma Katayama. La nouvelle salle d'exposition a été achevée en 1966. Elle abrite les collections permanentes du Japon et d'Asie centrale. Les expositions temporaires spéciales se tiennent dans l'ancienne salle. Le Musée comporte une galerie où son exposées en permanence des œuvres calligraphiques et des peintures bouddhistes. Le Musée a sous sa garde une collection de quatre mille pièces environ, plus six mille autres venues de temples et d'autres lieux.

Le Musée national de Tokyo est dépositaire des documents Dunhuang et Turfan qui se trouvaient précédemment dans les collections Matsumoto et Moriya. La première consiste en cinq objets montés sur quatre rouleaux qui viendraient, semble-t-il, de la région de Kucha ; la seconde en soixante-douze manuscrits attribués à Dunhuang.

La collection comprend cinq fragments, montés sur quatre rouleaux, d'une traduction chinoise du sûtra du Lotus, du Mahaprajnaparamita Upadesa, du Dazhidulun, du sûtra du Dapin et de l'Upasaka.

Accès aux collections

527 Chayamachi
Higashiyama-ku
Kyoto 605-0931

Site internet du Musée national de Kyoto

Les manuscrits ne sont pas exposés de façon permanente, mais ils sont visibles sur rendez-vous pris au préalable par écrit.

4. Musée Gotoh

Le Musée Gotoh a été fondé par Gotoh Keita (1882-1959), président du groupe Tokyu. Sa collection privée d'œuvres d'artistes pré-modernes, japonais, chinois, coréens a été ouverte au public en 1960. Le musée présente des expositions au printemps et en automne. La collection permanente est exposée par rotation pendant le reste de l'année. Le musée comprend également des salles pour la cérémonie du thé, et un jardin.

Le Musée Gotoh détient également une vingtaine de manuscrits provenant de Dunhuang et d'autres sites de la Route de la Soie.

Accès aux collections

3-9-25 Kaminoge 3-Chome
Setagaya-ku
Tokyo 158-8510

Site internet du Musée Gotoh

Le musée est fermé le lundi, les jours fériés et les lendemains de jours fériés. L'accrochage est renouvelé à chaque début d'année.

Horaires : de 10 h à 17 h (fermeture des guichets à 16 h 30)

Le musée est ouvert au public tous les jours, sauf le lundi, de 9 h 30 à 16 h 30. Les manuscrits ne sont pas exposés. Pour les voir, il faut demander une autorisation par écrit.

5. Le temple Horyuji, à Nara

On n'y trouve qu'une très petite collection de manuscrits, et l'accès en est très restreint.

6. Université de Kyushu, à Fukuoka

Une petite collection de manuscrits est conservée à l'Université de Kyushu, à Fukuoka.
Site internet de l'Université de Kyushu, à Fukuoka

7. Mitsui Bunko

Mitsui Bunko a été fondé en 1916, mais a fermé pendant la Seconde Guerre mondiale, ne rouvrant ses portes qu'en 1965. En 1985, il a reçu de la famille Mitsui une donation qui incluait des manuscrits de Dunhuang.

Mitsui Bunko détient une collection de cent douze pièces, dont plusieurs sont des manuscrits de Dunhuang. Pour beaucoup, ils se trouvaient précédemment dans la collection de Zhang Guangjian, un fonctionnaire de la province de Gansu en Chine.

Accès aux collections

5-16-1 Kamitakada
Nakano-ku
Tokyo

Site internet de Mitsui Bunko

Toute demande de consultation de manuscrits non exposés doit être faite à l'avance et par écrit.

8. Le Musée Nakamura Shodo à Tokyo

Il s'agit à l'origine de la collection privée Nakamura. Ayant passé des décennies à collectionner des exemples de calligraphies chinoises, et notamment de Dunhuang et de Turfan, auprès de fonctionnaires chinois comme Wang Shunan, M. Nakamura a aménagé sa maison en musée en 1936. En 1995, la famille Nakamura a fait don du musée au gouvernement du district.

Accès aux collections

2-10-4 Negishi
Taito-ku
Tokyo

Site internet du Musée Nakamura Shodo

9 h 30 à 16 h 30 (fermeture des guichets à 16 h). Fermé le lundi et le jour de l'an.

9. Bibliothèque de la Diète nationale

La Bibliothèque de la Diète nationale détient une collection de quarante-huit manuscrits de Dunhuang et d'autres sites de la Route de la Soie, dont la plupart appartenaient à la collection Hamada et ont été acquis ensuite par la librairie Inoue. Quarante-trois sont chinois, deux sont écrits en tangut et trois en tibétain. Pour la plupart, ces manuscrits sont consultables sur microfilms.

Accès aux collections

Bibliothèque de la Diète nationale, section des livres rares
10-1-1 Nagato-cho
Chiyoda-ku
Tokyo

Site internet de la Bibliothèque de la Diète nationale

La Bibliothèque de la Diète nationale est ouverte à tous les chercheurs. Les manuscrits sont consultables sur microfilm. Pour voir les originaux, il faut demander une autorisation, et leur accessibilité dépend de leur état de conservation.

10. Musée Neiraku

74 Suimon-cho, Nara

Le musée Neiraku possède quelques fragments de Dunhuang et Turfan, reliés en un seul gros album.

11. L'Université Otani

L'Université Otani remonte à 1665, époque où un séminaire a été créé par le temple Nishi Honganji, siège de l'école Jodo Shin du bouddhisme japonais. Il a été réorganisé en université moderne à Tokyo en 1901, puis transféré à Kyoto en 1911. L'école des diplômés a été créée entre 1953 et 1955. L'institut Shin de recherches générales sur le bouddhisme a été fondé en 1981. L'université accueille quatre mille huit cents étudiants, et sa bibliothèque compte plus de six cent mille ouvrages.

La bibliothèque de l'Université détient une collection de trente-huit manuscrits Dunhuang, dont trente-quatre proviennent de la collection Otani, trois de la collection de l'ancien président de l'Université, et un d'un de ses professeurs.

Accès aux collections

Bibliothèque
Koyama-kamifusa-cho
Kita-ku
Kyoto 603

Les manuscrits ne sont pas exposés, mais peuvent être consultés sur rendez-vous.

12. Seikado Bunko

Seikado Bunko a été créé en 1892, avec un objectif : préserver la spécificité de l'identité culturelle japonaise et orientale, en réponse à l'occidentalisation de l'ère Meiji. La fondation a donc eu pour but le rachat de vieux livres et artéfacts de la Chine et du Japon. En 1907, l'institution a acquis la totalité de la collection d'un bibliophile de l'époque Qing, qui comportait des ouvrages imprimés d'époque Song et Yuan : ce fut le noyau de la collection. Seikado Bunko a acquis un statut officiel en 1940 et, en 1948, est provisoirement devenu une annexe de la Bibliothèque nationale.

Seikado Bunko détient une collection de huit volumes de manuscrits et de documents fragmentaires provenant de Turfan et autres sites de la Route de la soie. Ces pièces ont été achetées en 1935 à des libraires chinois, au Japon. Sept de ces huit volumes semblent avoir appartenu à Liang Yushu, un fonctionnaire en poste dans le Xinjiang.

Accès aux collections

Okamoto 2-23-1
Setagaya-ku
Tokyo 157

Site internet de Seikado Bunko

Les chercheurs de niveau universitaire sont accueillis à la bibliothèque, moyennant une lettre d'introduction. Prendre rendez-vous à l'avance.

13. Bibliothèque centrale Tenri

L'ouverture de cette bibliothèque a été prévue en 1925 ; le bâtiment en a été achevé en 1930. Cette nouvelle Bibliothèque centrale abritait l'ensemble des bibliothèques de l'église bouddhiste Tenrikyo et était conçue au départ comme un lieu de formation pour les missionnaires en partance pour l'étranger. Elle abritait également du matériel de recherche pour les membres du corps enseignant, et s'ouvrait au grand public des lecteurs, comme une bibliothèque publique.

À l'heure actuelle, la Bibliothèque compte un million sept cent quatre-vingt mille livres, manuscrits et documents, dont un tiers environ en langues occidentales, le reste en japonais et en chinois. La collection de livres rares réunit dix-sept mille ouvrages.

La bibliothèque Tenri conserve une vingtaine de rouleaux en provenance des sites de la Route de la soie, dont l'essentiel de la collection de Zhang Daqian, et un manuscrit dont les notes en post-scriptum permettent de déduire qu'il a été découvert au début du dix-neuvième siècle dans un stûpa à Dunhuang. Ces manuscrits ont été acquis de diverses sources, et comprennent certaines pièces en tibétain, tangut et ouïgour. La Bibliothèque possède aussi une peinture de Dunhuang et une peinture de Turfan, rapportées par les expéditions Otani.

Accès aux collections

Somanouchi 1050
Tenri
Nara 632

Site internet de la Bibliothèque centrale Tenri

La Bibliothèque Tenri est une bibliothèque publique, ouverte à tous à partir de l'âge de quinze ans. En revanche, la collection des manuscrits Dunhuang n'est accessible que sur demande écrite adressée par avance au bibliothécaire.

14. Le temple Toshodaiji

Le temple Toshodaiji, à Nara, au Japon

Le temple Toshodaiji a été fondé par un prêtre chinois, Ganjin, en l'an 759 de notre ère, pour desservir une secte du bouddhisme, la secte Chan (Zen) du sud de la Chine. Pendant plus de mille deux cents ans, il a été considéré comme le siège de Ritsu-shu, une des dénominations du bouddhisme au Japon. Ganjin était un moine de Chang'an et de Luoyang qui s'est consacré à l'étude de l'aspect ritsu du bouddhisme.

Le temple Toshodaiji détient une série de vingt-sept manuscrits provenant de Dunhuang et d'autres sites de la Route de la soie. En 1980, le temple Toshodaiji a offert trois de ces manuscrits à l'Association bouddhiste chinoise.

Accès aux collections

13–46 Gojo-cho
Nara

15. Institut oriental, université de Tokyo

L'Institut oriental détient une collection de onze manuscrits de Dunhuang et d'autres sites de la Route de la Soie.

Accès aux collections

7–3–1 Hongo campus
Bunko-ku
Tokyo 113

Site internet de la bibliothèque orientale de l'université de Tokyo

Les manuscrits ne sont pas exposés de façon permanente, mais ils sont visibles sur rendez-vous pris au préalable par écrit.

Yurinkan, Kyoto, Japon.

16. Yurinkan

Yurinkan a été créé en 1926 comme un musée privé par Fujii Zensuke (1860–1934), collectionneur d'objets d'art et de manuscrits chinois allant des bronzes de la dynastie Shang à des costumes Qing ; mais ce sont ses sceaux qui font le renom de la collection. Le musée détient une collection d'une centaine de manuscrits originaires de sites de la Route de la soie. Soixante de ces pièces appartenaient auparavant à la collection de He Yansheng, le fonctionnaire de l'époque Qing chargé de transporter les manuscrits de Dunhuang à Pékin ; les autres manuscrits Dunhuang proviennent d'autres sources. En outre, le musée Yurinjan possède vingt-sept documents en langues autres que le chinois : vingt-trois en ouïgour, et le reste en tibétain, mongol et sanskrit.

Accès aux collections

Enshoji-cho 44
Okazaki
Sakyo-ku
Kyoto 606–8344

Le musée est ouvert les premier et troisième dimanches du mois, de midi à 15 h. Six manuscrits sont exposés : cinq fragments sous vitrine, ainsi qu'un petit livret. Pour voir les manuscrits non exposés de la collection, il convient d'en faire la demande à l'avance et par écrit.

17. Autres collections

Outre tout ce qui vient d'être décrit, il existe quatorze manuscrits au Mémorial-Bibliothèque Daitokyu, à Tokyo, onze à l'Institut oriental de l'Université de Tokyo, quatre à l'université Otani, plus trente-quatre autres provenant de la collection Otani.

Il y a aussi les manuscrits conservés dans les collections privées, comme, par exemple, les quarante manuscrits Dunhuang de la collection Kiyono Kenji, grand collectionneur de Kyoto avant la Seconde Guerre mondiale, et qui sont aujourd'hui la propriété de ses descendants. Une des plus grandes collections japonaises reste encore inaccessible : La salle Haneda, à l'Université de Tokyo, possède les photographies de sept cents rouleaux Dunhuang, prises par feu le professeur Haneda, rouleaux qui sont, aujourd'hui encore, la propriété d'une société d'Osaka dont le nom reste inconnu.

Collections : à propos de l'IDP

En 2005, l'IDP a signé un accord de coopération avec l'Université de Ryukoku pour la création d'un site internet japonais et d'un centre de numérisation. Le site a été mis en ligne au début de l'année 2006, avec les premières images et les premières données. On trouvera ci-après un résumé de sa structure et de son contenu, classé par langue.

Number of Manuscripts by Language/Script on IDP in Japan as of 15/12/2017

Bibliographie

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