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Les collections chinoises

page crée: 28/2/09 Dernière mise à jour: 28/2/09

1. Les explorations et les fouilles chinoises dans les régions chinoises d’Asie centrale

Les fonctionnaires exilés dans les régions de l’ouest de la Chine pendant la dynastie Qing (1644–1911) ont rédigé de nombreux comptes rendus ayant trait aux langues, aux peuples et à la topographie de cette région (aujourd’hui région autonome ouïgour de Xinjiang et province de Gansu). Ils poursuivent ainsi la tradition des échotiers locaux, présents dans toute la Chine, et des récits sur les « régions de l’Ouest » qui font partie des nombreuses histoires dynastiques officielles chinoises depuis Hanshu (Histoire des Han).

Le gouverneur militaire Songyun 松筠 (en fonction de 1802 à 1809) fait appel aux exilés pour la compilation d’une gazette du Xinjiang. On peut citer parmi ces exilés célèbres Wang Tingkai 汪廷楷, Qi Yunshi 祁韻士 (1751–1815, exilé 1805–9) et Xu Song 徐松 (1781–1848, exilé 1813). Qi écrit également une histoire des régions frontalières, tandis que Xu part en exploration en 1815–16 afin de recueillir des informations pour ce projet ; au cours de ce voyage, il visite la grotte bouddhique de Dunhuang et y relève des inscriptions sur stèle qui ont trait à la fondation du site. Il prend également des notes sur d’autres sites anciens. Xu publie plusieurs œuvres, dont des notes sur le chapitre consacré aux régions de l’Ouest dans Hanshuet Xiyu shuidao ji 西域水道記 (Waterways of the Western Regions, Waley-Cohen, 1991).

 Travaux de restauration dans le temple et la résidence de Wang Yuanlu

Xu Song écrivit un recueil de poésie sur le Xinjiang ; la littérature est alors l’une des activités traditionnelles du lettré chinois exilé. Les poèmes Urumqi de Ji Yun 級昀 (1724–1805, exilé en 1768) et les journaux et les poèmes de Hong Liangji 洪亮吉 (1746–1809, exilé en 1799) sont une mine d’informations précieuses sur la région. Xu Naigu poursuit cette tradition en composant un poème intitulé « Ode aux grottes aux mille Bouddhas » pendant son séjour à Dunhuang en 1831-1834.

Jiang Xiaowan 蔣孝琬 (Jiang Siye, mort en 1922), originaire de Hunan, n’est pas un exilé ; il est envoyé à Xinjiang en 1883. Il remplit les fonctions d’interprète, de secrétaire et de compagnon de la deuxième expédition d’Aurel Stein, en 1906–8 (voir les collections britanniques). Jiang a été auparavant secrétaire particulier auprès de fonctionnaires du gouvernement, et il a l’expérience recherchée par Stein. Lorsqu’ils se rencontrent en mai 1906, ils s’entendent immédiatement. Jiang apprend à Stein des rudiments de chinois populaire au cours de la mission et il contribue à persuader Wang Yuanlu, gardien taoïste de Dunhuang, de leur autoriser l’accès au site.

1.1 Dunhuang

Wang Yuanlu est un moine taoïste chinois itinérant de la province de Shanxi, qui arrive dans les années 1890 sur le site des grottes bouddhiques de Dunhuang, où il s'établit. Il devient le gardien officieux des grottes, et commence à organiser des tournées de collecte de fonds pour restaurer les statues. En 1900, en déblayant du sable dans la grotte 16, les ouvriers découvrent par hasard une porte cachée, qui, une fois ouverte, les mène à une petite grotte remplie de documents anciens et de peintures réalisées entre les IVe et XIe siècles. Cette grotte, qui porte aujourd’hui le numéro 17, est également connue sous le nom de « Grotte de la Bibliothèque » (bien qu’elle ait été à l’origine conçue comme un monument funéraire pour un moine local mort au IXe siècle).

Le magistrat Wang et sa famille.

En Chine, l’importance du contenu de la Grotte de la Bibliothèque n’est pas perçue immédiatement après sa découverte. Wang se rend dans la capitale régionale pour faire part de cette découverte au magistrat local, Yan Ze 嚴澤, et lui apporte deux manuscrits à l’appui de ses dires. Le fonctionnaire, peu érudit, juge que ces deux manuscrits jaunis ne sont que de vieux papiers sans importance. Trois ans plus tard, un nouveau magistrat, qui s’appelle Wang Zonghan 汪宗翰, arrive à Dunhuang ; il s’intéresse vivement à l’épigraphie. Wang Yuanlu espère qu’il manifestera plus d’intérêt pour la préservation du contenu de la Grotte de la Bibliothèque, mais après s’être rendu sur place, le nouveau magistrat se contente de prendre quelques manuscrits et dit à Wang Yuanlu de garder la grotte, sans prendre d’autres dispositions. Toutefois, le moine ne baisse pas les bras. Il emporte deux caisses de manuscrits à Suzhou 肅州 (aujourd’hui Jiuquan 酒泉), éloignée de 800 li. Bien que ce magistrat local soit un érudit, il n’attache pas non plus une grande valeur aux manuscrits que Wang lui montre, et ne s’occupe pas de préserver la Grotte de la Bibliothèque. Quelques années plus tard, le commissaire provincial à l’éducation, Ye Changchi, entend parler de la grotte, et il utilise des documents pris par le magistrat Wang Zonghan pour son livre Yu shi 語石 (inscriptions sur stèles). En 1904, le gouvernement provincial ordonne à Dunhuang de prendre des mesures de protection des manuscrits, choisissant de nouveau de déléguer des responsabilités au lieu d'initier des actions.

Lorsque Stein et Pelliot visitent Dunhuang en 1907 et 1908 (voir les collections britanniques et les collections françaises), ils réussissent à persuader Wang Yuanlu de se séparer d'un grand nombre de manuscrits et de peintures en échange d'un dédommagement de faible montant, soigneusement consigné par Wang Yuanlu. Leurs expéditions permettent de constituer de riches collections, et les documents de Dunhuang sont dispersés en Europe. En 1909, Pelliot se rend de nouveau à Pékin, où il montre à des lettrés chinois plusieurs des documents provenant de la Grotte de la Bibliothèque, qui font sensation dans les milieux des érudits. Un premier groupe d'érudits de Dunhuang, parmi lesquels on compte Dong Kang, Luo Zhenyu, Wang Guowei, Wang Renjun, Jiang Fu et Ye Gongchuo, se rend à la résidence de Pelliot à Babao Alley, dans l’espoir de glaner de nouvelles informations sur la Grotte de la Bibliothèque. Avec l’aide de Pelliot, les savants prennent des notes, font des photographies et réalisent des copies des manuscrits de Dunhuang qu’ils voient.

Entre-temps, le fameux lettré Luo Zhenyu apprend que plus de 8 ;000 manuscrits se trouvent encore dans la Grotte de la Bibliothèque. Il se rend compte que, si ces manuscrits ne sont pas rapidement transférés à Pékin, ils courent le risque de disparaître purement et simplement. Grâce aux efforts combinés de Luo Zhenyu et d’autres érudits, le ministère de l’Éducation prend un décret qui ordonne la récupération des manuscrits restants. Fu Baoshu 傅寶書 est chargé d’organiser le transfert des manuscrits de Dunhuang à Pékin. Il laisse les manuscrits tibétains à Dunhuang. Il semble que certains manuscrits aient été volés du ministère de l’Éducation par Li Shengduo 李盛鐸, après leur acheminement au ministère (Rong Xinjiang, 2002). Peu après, la révolution de 1911 renverse la dynastie Qing, et le gouvernement a trop à faire pour s’occuper des manuscrits de Dunhuang. Après plusieurs détours, ils finissent par rejoindre la Bibliothèque métropolitaine de Pékin. Ces 8 697 manuscrits de Dunhuang constituent à ce jour encore la plus grande partie des documents de Dunhuang possédés par la Bibliothèque nationale de Chine. Par la suite, les collections de cette dernière ont été enrichies grâce à des subventions gouvernementales, à des dons du public et à des achats de la Bibliothèque ; aujourd’hui, le nombre total de manuscrits en possession de la Bibliothèque nationale de Chine s’élève à environ 16 000. La Bibliothèque nationale de Chine possède la plus grande collection de documents de Dunhuang du pays (voir ci-dessous).

L’intérêt manifesté en Chine pour l’art rupestre, les peintures, les statues et les connaissances dans ce domaine croissent tout au long du XXe siècle. Le peintre chinois Wu Zuoren effectue une visite en 1940 ; il est suivi par Zhang Daqian 張大千 (1899–1983), qui se rend au complexe des grottes de Mogao, situé à Dunhuang, ainsi que dans d’autres grottes situées à proximité, parmi lesquelles Yuanlin, entre 1941 et 1943. Zhang acquiert une collection de peintures et de manuscrits de Dunhuang et de Turfan, qui se trouvent aujourd’hui dans la bibliothèque de Tenri, au Japon (voir les collections japonaises). Cependant, il semble que certaines pièces soient des faux (voir Whitfield (éd.), Dunhuang Manuscrit Forgeries). Avec l’aide des moines tibétains, Zhang copie 276 peintures murales datées du IVe au Xe siècle ; 183 de ces copies sont aujourd’hui conservées au musée provincial de Sichuan. Les copies de peintures rupestres de Dunhuang faites par Zhang, dont certaines sont exposées à Lanzhou en 1943, contribuent à attirer l’attention sur les grottes de Mogao ; l’Institut de recherche de Dunhuang est créé en 1944. Lors de la construction d’immeubles résidentiels, on découvre des manuscrits et des sculptures de la dynastie Qing.

En 1946, l’historien de l’art Duan Wenjie se rend à l’Institut de recherche de Dunhuang pour la conférence inaugurale. Il y reste plus de cinquante ans, devient directeur de l’Institut et mène à bien des recherches approfondies sur les grottes. Huit cents objets de Dunhuang sont exposés à Shanghai en 1948. En 1961, les grottes de Mogao sont classées « Trésor culturel d’importance nationale » par le gouvernement chinois, et, en 1987, elles sont inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’Institut de recherche est rebaptisé Académie de Dunhuang la même année.

1.2 L’archéologie chinoise dans les « régions de l’Ouest »

En 1926-1935, une expédition sino-suédoise dirigée par Sven Hedin (1865–1952) et Xu Xusheng 徐旭生 explore le désert de Gobi et la Mongolie ; elle est financée par le gouvernement allemand et la compagnie aérienne Lufthansa. Huang Wenbi 黃文弼 (1893–1966), l’un des premiers érudits chinois à s’être fait un nom dans l’archéologie, participe à l’expédition. Cette dernière, la plus importante de son époque, se concentre sur la région de Lop Nor. Huang Wenbi fouille les fortifications de la dynastie Han, ainsi que les oasis autour des bassins de Tarim et de Turfan. L’archéologue suédois Folke Bergman (1902–1946) découvre les tombeaux de Xiaohe 小河, et fait également des fouilles au sud du Lop Nor, à Qiemo 且末 plus à l’ouest, et à proximité de Urumqi et de Turfan. Ces fouilles permettent de trouver des objets des dynasties Han à Tang ainsi que des objets pré-Han (voir les autres collections).

Huang Wenbi, membre de l’Institut d’archéologie à l’Académie chinoise des Sciences, dirige d’autres missions archéologiques dans la région à partir des années 1950. Il découvre de nombreux objets d'intérêt majeur, et de nouveaux sites. L’Institut de recherches archéologiques de l’Académie des sciences sociales de Xinjiang rassemble les résultats de ces expéditions archéologiques et d’autres missions chinoises dans la région en 1983 dans Xinjiang kaogyu sanshinian (Trente ans d’archéologie à Xinjiang). À partir des années 1980, les fouilles dans le Xinjiang sont menées à grande échelle, et permettent de mettre au jour de nombreux objets correspondant à des périodes diverses.

On dénombre plusieurs projets collaboratifs sino-japonais et franco-chinois au cours de la dernière décennie. En 2005, l’Académie de Turfan est créée pour coordonner les fouilles et les recherches dans les ruines archéologiques de la région de Turfan. Une liste chronologique des principales expéditions et des régions explorées est en cours d’élaboration, et sera mise en ligne sous peu.

Les expéditions archéologiques, les dons et achats postérieurs ont permis de créer des collections extraordinairement riches de manuscrits, d’objets et de textiles dans diverses institutions dans toute la Chine. Vous trouverez ci-après de plus amples informations sur les principales institutions et musées de Dunhuang et de Turfan qui abritent des manuscrits. Cette liste sera bientôt révisée et complétée pour inclure des matériaux provenant de sites autres que celui de Dunhuang.

2. Les collections : contenu et accès

2.1 Les collections de Dunhuang et de Turfan, et autres manuscrits et documents d’Asie centrale en Chine

  1. La Bibliothèque nationale de Chine
  2. Les collections Gansu
  3. Le Musée de Tianjin
  4. La Bibliothèque de Tianjin
  5. L’Université de Beijing
  6. La Bibliothèque de Shanghai (collections de Dunhuang et de Turfan)
  7. Le Musée de Shanghai (collections de Dunhuang et de Turfan)
  8. Les collections Zhejiang
  9. La Bibliothèque de Nanjing
  10. Le Musée provincial de Hubei
  11. Le Musée national de Chine
  12. Le Musée de Chongqing
  13. La Société des vestiges culturels de Tianjin
  14. Le Musée de Lushun (Dalian) (collections de Dunhuang et de Turfan)
  15. Autres collections

2.1.1 Les collections de Dunhuang à la Bibliothèque nationale de Chine

La Bibliothèque nationale de Chine, Beijing.

En 1910, Fu Baoshu emporte 8 697 manuscrits de Dunhuang à Pékin. Ils constituent aujourd’hui encore la majeure partie des objets originaires de Dunhuang possédés par la Bibliothèque nationale de Chine. Par la suite, les collections de cette dernière ont été enrichies grâce à des subventions gouvernementales, à des dons du public et à des achats de la Bibliothèque ; aujourd’hui, le nombre total de manuscrits en possession de la Bibliothèque nationale de Chine s’élève à environ 16 000. La Bibliothèque nationale de Chine possède la plus grande collection d’objets originaires de Dunhuang dans toute la Chine. Cette collection comporte quatre sections :

Dunhuang Jieyulu (Premier catalogue des manuscrits de Dunhuang)
En 1922, alors que Chen Yuan est bibliothécaire en chef de la Bibliothèque nationale de Pékin, les 8 697 manuscrits originaux de Dunhuang sont classés et publiés dans le premier catalogue, Dunhuang Jieyulu. Ce catalogue indique le numéro de manuscrit, les deux premiers caractères entièrement lisibles des deux premières et des deux dernières lignes, le nombre de panneaux, le nombre total de lignes, le numéro d’identification et les notes de Chen Yuan. Ce catalogue est le premier du genre dans l’univers des manuscrits de Dunhuang. Il est publié en mars dans le numéro 4 du Journal de l’Académie centrale d’histoire et de linguistique. Dans la préface, Chen Yinke emploie pour la première fois le terme de « dunhuangologie ».

Dunhuang shishi xiejing xiangmu zongmu xubian
Après cette première opération d’enregistrement et d’organisation des documents de la Grotte de la Bibliothèque de Dunhuang, 1 192 manuscrits relativement complets sont choisis et numérotés. Ils paraissent dans un catalogue qui fait suite au premier et qui est intitulé Dunhuang shishi xiejing xiangmu zongmu xubian; il est achevé en 1935.

Fragments : Les fragments ne figurant pas dans les catalogues ci-dessus ne font généralement que 20–30 cm de long, beaucoup sont plus petits, et ont été intégrés à d’autres manuscrits ne comprenant que quelques panneaux. En raison de la qualité médiocre du papier d’un grand nombre d’entre eux (papier fragile et cassant), l’opération de séparation des fragments a été longue et difficile. Après conservation, 4 000 pièces figurent maintenant dans le catalogue des manuscrits de Dunhuang de la Bibliothèque nationale de Chine.

Nouvelles acquisitions (préfixe « xin » - nouveau)
1 600 objets ont été ajoutés aux collections au cours de ces dernières décennies, et sont appelés « nouveaux » manuscrits.

2.1.1.1 L’accès aux collections chinoises de la Bibliothèque nationale des collections chinoises

Le contenu des collections de Dunhuang à la Bibliothèque nationale de Chine peut être consulté de la façon suivante :

Dans le cas où les ressources ci-dessus ne suffiraient pas pour vos recherches, il est possible de consulter les documents originaux dans la salle de lecture de la section des livres rares, en réservant à l’avance. Une fois que vous aurez la réponse à votre demande de réservation, vous devrez produire une lettre d’introduction de l’institution à laquelle vous appartenez et vous procurer une carte de lecteur de la Bibliothèque nationale de Chine avant de pouvoir consulter les documents.

Les horaires d’ouverture de la salle de lecture pour les collections spéciales et les livres rares de la Bibliothèque nationale de Chine sont les suivants :
Du lundi au vendredi, de 9 h à 17 h
Téléphone : +86 10 8854 5344/5167

2.1.1.2 Le centre de recherche de Dunhuang et de Turfan

Le centre de recherches et de ressources pour les études sur Dunhuang et Turfan est le fruit d’une coopération entre la Bibliothèque nationale de Chine et l’Association de Dunhuang et Turfan. C’est en hiver 1983 que la création de ce centre a été proposée ; il a été officiellement fondé en août 1988, avec l’ouverture officielle de la salle de lecture au public. Depuis ses débuts, le centre déploie une activité intense en matière de collecte, d’organisation et de stockage de matériaux de Dunhuang et de Turfan, de compilation et de publication de catalogues et d’articles de chercheurs, et accueille des chercheurs chinois et étrangers spécialistes de ce domaine. Le centre joue un rôle clé dans la facilitation des échanges universitaires et a reçu un écho favorable des chercheurs. La salle de lecture de Dunhuang et Turfan compte aujourd’hui près de 30 000 articles liés à l’histoire de Sui et Tang, à la géographie, à l’histoire, à la religion et à la culture des régions de l’Ouest. Cette collection comprend des microfilms, des photographies, des livres, des périodiques, des actes de conférences et des films vidéo.

Il existe des ouvrages dans de nombreuses langues, classées en dix sections, parmi lesquelles les langues de Chine et d’Asie centrale, les langues occidentales et le japonais. La collection se targue de posséder des ouvrages dans les domaines suivants : histoire, catalogues de manuscrits, archéologie, langues et documents originaux, art, langues et documents originaux d’Asie, religion, ouvrages généraux, ouvrages techniques, ouvrages de référence.

2.1.2 La province de Gansu

Dans le Gansu, exception faite des manuscrits de Dunhuang qui ont été trouvés et récupérés dans la Grotte de la bibliothèque et dans d’autres grottes et stupas, la plupart des manuscrits proviennent des fonctionnaires, des érudits et de l’aristocratie locale. Parmi eux, les manuscrits des dynasties du Nord sont les plus fréquents. Ils comprennent un grand nombre de textes sacrés bouddhistes. La liste ci-dessous mentionne les institutions du Gansu et leurs collections.

  1. Académie de Dunhuang, 383 manuscrits
  2. Musée provincial du Gansu, 138 manuscrits
  3. Musée de Dunhuang, 81 manuscrits
  4. Bibliothèque provinciale du Gansu, 32 manuscrits
  5. École normale du Nord-Ouest, 19 manuscrits
  6. Musée de Jiuquan, 18 manuscrits
  7. Musée central de Dingxi, 10 manuscrits
  8. Musée central de Yongdeng, 8 manuscrits
  9. Musée central de Gaotai, 3 manuscrits
  10. Collège de médecine traditionnelle chinoise du Gansu, 3 manuscrits
  11. Musée de Zhangye, 1 manuscrit

Les informations relatives à environ 696 manuscrits de Dunhuang des collections du Gansu ont été publiées ; l’intégralité des collections du Gansu a été publiée dans Gansu cang Dunhuang wenxian (6 volumes), coéditée par le Comité Gansu sur les manuscrits de Dunhuang, Gansu renmin chubanshe, et le Bureau pour les vestiges culturels de la province de Gansu, et publiée en 1999 par le Gansu renmin chubanshe.

2.1.3 Le musée de Tianjin

Cette institution possède 350 manuscrits, certains achetés au fil des ans, tandis que d’autres ont été donnés en 1979 par le fameux collectionneur Zhou Shutao. Un grand nombre de ces manuscrits sont des textes sacrés bouddhistes et des commentaires des Analectes. Les manuscrits sont en bon état, et couvrent une longue période. 50 manuscrits au moins sont des témoignages précieux de calligraphie ; la collection comprend des manuscrits ornés de 50 sceaux de collectionneurs.

Toute la collection de Dunhuang du Musée de Tianjin a été coéditée par le Shanghai guji chubanshe et le Tianjinshi yishu bowuguan. Elle est publiée sous le titre Tianjinshi yishu bowuguan cang Dunhuang wenxian (volumes 1–7), par Shanghai guji chubanshe (1996–1998).

2.1.4 La bibliothèque de Tianjin

Les collections de manuscrits de Dunhuang à la Bibliothèque de Tianjin comprennent pour l’essentiel des fragments, regroupés en 6 albums, soit 177 articles en tout. On mentionnera : Tangren xiejing canjuan (3 volumes); Tangren xiejingce (canye) (1 volume); Tangren xiejing zhenben (1 volume); Dunhuang shishi xiejing canzi (1 volume). La plupart sont des textes sacrés bouddhistes. Pour un catalogue plus détaillé, voir la section histoire et manuscrits de la Bibliothèque de Tianjin, Tianjin tushuguan cang Dunhuang yishu mulu, in Dunhuang Tulufan yanjiu, 8 (janvier 2001, Zhonghua Shuju).

2.1.5 L’Université de Pékin

La collection de Dunhuang à la Bibliothèque de l’Université de Beijing comprend 286 manuscrits au total. La plupart ont été achetés alors que Xiang Da était bibliothécaire en chef, en 1950. La plupart sont des textes bouddhistes ; la collection comprend également un petit nombre de textes taoïstes et de documents à caractère social. La collection comprend par ailleurs quelques documents rares non chinois dans diverses langues, parmi lesquelles le tibétain ancien, le khotanese, l’ouïgour et le tangut.

L’intégralité des manuscrits de Dunhuang de la Bibliothèque de l’Université de Beijing ont été publiés dans Beijing Daxue tushuguan cang Dunhuang wenxian (2 volumes), coéditée par la bibliothèque de l’Université de Beijing, Shanghai guji chubanshe, et publiée par Shanghai guji chubanshe en 1995.

2.1.6 La Bibliothèque de Shanghai

Les collections de manuscrits de Dunhuang et de Turfan de la bibliothèque de Shanghai totalisent 187 documents, qui ont été donnés pour l’essentiel par le Comité de protection des vestiges culturels de Shanghai, transférés du Musée de Shanghai, ou achetés au fil des ans. Une proportion importante des manuscrits tibétains a été datée ; les collections comprennent également un grand nombre de manuscrits non bouddhistes ; certains manuscrits comportent des annotations faites par d’éminents savants.

Les collections de manuscrits de Dunhuang de la bibliothèque de Shanghai ont été catalogués dans la publication coéditée par la bibliothèque de Shanghai et Shanghai guji chubanshe, Shanghai tushuguan cang Dunhuang Tulufan wenxian (1–4), Shanghai guji chubanshe, 1999.

2.1.7 Le Musée de Shanghai

Le musée de Shanghai possède environ 80 manuscrits de Dunhuang et de Turfan, qui sont pour la plupart des textes bouddhistes. Ils peuvent être consultés dans Shanghai bowuguan cang Dunhuang Tulufan wenxian (1–2), coédité par Shanghai guji chubanshe et par le musée de Shanghai, et publié en 1993 par Shanghai guji chubanshe.

2.1.8 La province de Zhejiang

Les institutions de la province de Zhejiang détiennent 201 manuscrits de Dunhuang. Cette collection est à la fois nombreuse et variée, et comprend, en plus de textes bouddhistes, des textes taoïstes, des textes sur des questions économiques, des textes pieux, de la poésie, des romans, des ouvrages traitant des cérémonies et des portraits. Un grand nombre de ces manuscrits comportent des annotations d’érudits célèbres et de collectionneurs, des cachets et écritures d’origine, et sont extrêmement précieux. Les manuscrits sont assez complets et ont été bien restaurés.

La liste ci-après mentionne les institutions de Zhejiang et leurs collections :

Les collections de la province de Zhejiang peuvent être consultées dans Zhecang Dunhuang wenxian, édité par Mao Zhaoxi, publié par Zhejiang jiaoyu chubanshe, 2000.

2.1.9 La Bibliothèque de Nanjing

La Bibliothèque de Nanjing possède 32 manuscrits de Dunhuang. Un catalogue a été établi par Fang Guangchang et Xu Yinong : « Nanjing tushuguan suo cang Dunhuang yishu mulu », in Dunhuang yanjiu, 4 (1998).

2.1.10 Le Musée provincial de Hubei

Le musée provincial de Hubei possède 31 manuscrits. Si l’on en juge d’après les sceaux et cachets de collectionneurs, la plupart des manuscrits appartenaient à Xu Lanru ; un petit nombre provient des collections de Kang Youwei et Luo Zhenyu. Nombre d’entre eux sont des textes sacrés bouddhistes. Pour le catalogue, voir « Hubei sheng bowuguan cang Dunhuang jingjuan gaishu » par Wang Qiping et Tang Gangmao, in Dunhuang Tulufan yanjiu, 5 (2005).

2.1.11 Le Musée national de Chine (anciennement Musée d’histoire)

Le Musée national de Chine n’a pas encore publié à ce jour de catalogue complet des manuscrits de Dunhuang, ce qui laisse planer une incertitude sur la teneur des collections. Les manuscrits de Dunhuang qui présentent une valeur calligraphique ont déjà été publiés dans Zhongguo lishi bowuguan cang fashu daguan, volumes 11–12, édité par Shi Shuqing, Liuyuan shudian, 1994, 1999.

2.1.12 Le Musée de Chongqing

Le musée de Chongqing possède 13 manuscrits de Dunhuang, qui sont entrés dans sa collection au cours des années 1950 et 1960. Le catalogue par Yang Ming, « Chongqingshi bowuguan cang Dunhuang Tulufan xiejing mulu », a été publié dans Dunhuang yanjiu, 1 (1996).

2.1.13 Le Bureau des vestiges culturels de Tianjin

Ce bureau a rassemblé au fil des ans 30 manuscrits de Dunhuang à l’intention du public. Le contenu des manuscrits, qui s’étendent sur une longue période, est riche. L’intégralité de la collection a été publiée par le Bureau des vestiges culturels de Tianjin dans Dunhuang xiejing, Wenwu chubanshe, 1998.

2.1.14 Le Musée de Lushun

En 1914, le comte Otani Kozui, en proie à des difficultés financières, doit rendre sa charge d’abbé du monastère de Nishi Honganji ; ses collections d’Asie centrale sont alors dispersées entre différentes collections tant publiques que privées au Japon, en Chine et en Corée (voir les collections japonaises). En Chine, la collection Otani se trouve à l’origine au musée de Lushun. En 1954, toutefois, 620 manuscrits de Dunhuang sont acheminés vers la Bibliothèque de Pékin (aujourd’hui Bibliothèque nationale de Chine). 9 manuscrits de Dunhuang seulement restent au musée de Lushun, ainsi que plus de 20 000 fragments de manuscrits de Turfan (Toyuk, Yarkhoto, Karakhoja) et Kharakhoto. Voir Zhongguo suocang 'Dagu shoujipin' gaikuang, coécrit par Shang Lin, Fang Guangchang, et Rong Xinjiang, Ryukoku Institut universitaire de recherche sur la culture bouddhiste, mars 1991.

2.1.15 Les autres collections

On trouve également, en plus des collections mentionnées ci-dessus, des manuscrits dans la Bibliothèque Zhongshan du Guangdong et à l’Association bouddhiste chinoise. Il existe également des collections de manuscrits à Hong Kong (un manuscrit, propriété de la « Royal Society for Asian Affairs », est exposé au musée de l’Université chinoise de Hong Kong) ainsi qu’à la Bibliothèque centrale nationale de Taiwan, à l’Academica Sinica, et au musée d’Histoire. IDP Newsn° 12 fournit plus d’information sur les collections de Taipei.

2.2 Les objets d’Asie centrale

Une liste des institutions de Chine qui possèdent de grandes collections d’objets d’Asie centrale est en préparation ; il s’agit pour l’essentiel des plus grands instituts muséaux et archéologiques, et plus particulièrement de ceux de Shaanxi, Gansu et Xinjiang. Une brève liste de ces institutions figure ci-après.

Le Musée national de Chine à Pékin possède de nombreux objets qui comptent parmi les plus beaux trouvés en Chine au cours de ces dernières décennies.

Le Musée provincial d’histoire de Shaanxi, à Xian, comprend plusieurs salles où sont exposés divers objets d’Asie centrale, dont un grand nombre figurant dans la liste des Trésors nationaux ; il possède des collections très riches. Ce Musée abrite également des peintures rupestres qui proviennent de tombeaux de la dynastie Tang.

L’Institut archéologique provincial de Shaanxi, à Xian, possède des collections d’objets trouvés lors de fouilles réalisées au cours des dernières décennies, dont un grand nombre d’objets provenant du stûpa bouddhiste de Famensi et de sites funéraires de la région de Xian. Il abrite une petite salle où sont exposés les objets provenant de fouilles récentes.

Le Musée de la ville de Dunhuang possède une collection de manuscrits et d’objets provenant de la région, dont certains sont exposés.

Le Musée de l’Académie de Dunhuang, qui se trouve sur le site des grottes de Mogao, propose des reconstitutions en 3D de plusieurs grottes, ainsi que des objets et manuscrits trouvés lors de fouilles.

Le Musée de Turfan possède de nombreux objets de Gaochang et d’autres sites locaux. Il s’agit de soies, d’objets funéraires, et de momies provenant de tombes d’Astana.

Le Musée de Xinjiang à Urumqi possède une grande collection d’Asie centrale. Elle est composée de fragments de soies, brocarts, broderies et tapis de laine, d’ustensiles en bois, de poteries, qui datent d’une période allant du IIe siècle avant notre ère au IIe siècle de notre ère. Tous ces objets proviennent des sites de Loulan et Niya. Le musée possède également plusieurs pièces tissées en soie provenant de Khotan et Turfan, ainsi que des pièces en bois comportant des écritures sacrées bouddhistes en brahmi et kharosthi. Les collections comprennent également des chaussures en brocard, des tissus de soie et de chanvre, des documents datant du VIIe au Xe siècle provenant des tombeaux d’Astana, ainsi que des spécimens de céréales, de noix, de fruits secs, de pain nan, et des gardiens de tombeaux en terre cuite. Le Musée compte dans ses collections plus de dix momies trouvées dans des tombes dans le désert, dont la plus connue est la « Belle de Loulan ». Un nouveau musée est actuellement en cours de construction, mais plusieurs pièces sont toujours exposées dans une annexe de l’ancien bâtiment.

Les collections d’Asie centrale du Musée de la Route de la soie de Kashgar comportent des bronzes de Shang et des figurines de bois provenant de tombeaux Zhou.

Le Musée de Shanghai propose une salle d’exposition réservée à des monnaies d’Asie centrale de la Route de la soie, données par M. et Mme Roger et Linda Doo.

3. Les collections sur IDP (projet international Dunhuang)

En 2001, la Bibliothèque nationale de Chine et la British Library ont lancé un projet collaboratif de numérisation des objets provenant de Dunhuang pour les rendre accessibles à tous dans le cadre du projet international Dunhuang (IDP). Le site IDP en chinois est entré en service en novembre 2002. Des milliers d’images numérisées des manuscrits de Dunhuang sont maintenant accessibles en ligne, et de nouvelles images sont ajoutées chaque jour. La synthèse ci-après montre la répartition par langue. Les informations du catalogue sont également mises en ligne, et la Bibliothèque nationale de Chine devrait normalement bientôt commencer à travailler sur d’autres manuscrits d’Asie centrale, et à coordonner la numérisation d’autres collections en Chine.

Number of Manuscripts by Language/Script on IDP in China as of 19/02/2017

4. Bibliographie

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